Il a une grosse tête, sur laquelle une casquette verte est toujours vissée. On ne sait pas trop son âge, peut être 7 ans, il va à l’école primaire, son meilleur pote s’appelle Gros Louis, un gosse un peu grassouillet, comme son nom l’indique. Il vit chez sa mamy qui l’élève dans une jolie petite maison de campagne, et il a vécu des tas d’aventures. Ce petit bonhomme attachant s’appelle Jojo. Et celui qui l’a créée, en 1987, est un auteur belge, André Geerts.

Son style de dessin et son univers au départ très inspirés de Sempé et du Petit Nicolas ont su évoluer au fil du temps pour devenir beaucoup plus personnels. L’idée de base est la même : la vie au travers du regard d’un gamin. Le génie de Geerts est d’avoir su créer un monde tout en rondeur, charmant, mignon, adorable, tout en évitant de filer des caries aux yeux de ses lecteurs à force de mièvrerie sucrée. Au contraire, même : dans ses histoires toutes simples, entre deux sourires, viennent poindre des thématiques plus graves. Le deuil, la différence, l’intolérance.

Des messages jamais moralisants, toujours touchants.

Pour rentrer dans l’univers de Jojo, nous ne saurons que trop vous conseiller la lecture du tome 7 Le Mystère Violaine. L’histoire d’une petite fille un peu moche qui débarque dans la classe de Jojo, qui doit subir les moqueries des enfants et qui va tout mettre en oeuvre pour se faire accepter et aimer. Une histoire aussi émouvante que drôle. Jojo peut se lire très jeune, dès le CE1, et ce qui est rare, avec le même plaisir à l’âge adulte. Il existe 17 albums de Jojo aux Editions Dupuis. La série s’est malheureusement arrêtée en 2010 suite au décès de son auteur. Geerts nous manque. Jojo aussi.

Par Paul Satis

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