Et ça claque. Parents lyonnais, dans le cadre du festival Intérieur Queer, c’est L’Heure du conte des Drag menée par le collectif du même nom. Le vendredi 29 juin à partir de 17 heures à la Taverne Gutenberg, les enfants auront droit à une heure de conte réalisée par une drag-queen. Une lecture plus que saine, fun, inspirante et stylée en évoquant intelligemment la question du genre. Le tout suivi d’une boom du tonnerre, d’ateliers photo, de spectacles musicaux et d’un goûter yummy. Papa est allé à la rencontre d’une membre du collectif mais aussi conteuse pas banale Fifi du Calvaire qui répond à nos questions.

Comment est née cette envie de lire des contes aux minots ?

On a tous vu sur les réseaux sociaux ces vidéos de drag-queen qui lisent des contes aux enfants dans des bibliothèques à Brooklyn. Le projet est né grâce à Murielle Salle, historienne et maîtresse de conférences à l’Université de Lyon. Son sujet à elle, c’est la question du genre, sa déconstruction, le féminisme. Elle est mère de famille issue d’un milieu assez bourgeois et plutôt conservateur et c’est elle qui est venue chercher le collectif en nous disant « ça vous dit pas de le faire ici ? ». On a voulu commencer modestement l’an dernier en lisant des contes dans une bibliothèque du 7e arrondissement et ça a été un vrai succès. Il y a plein de monde, et des gens très respectifs. Du coup, pour la 3e édition du festival Intérieur Queer, on remet ça mais en plus festif. Une vraie boum, avec un goûter, des ateliers maquillage pour déconstruire le genre, des spectacles, de la musique et moi même Fifi du Calvaire qui va lire les contes.

Comment les enfants reçoivent-ils le fait que l’histoire soit racontée par une dame qui a de la barbe ?

Je me serai attendu à ce que les plus petits aient peur ou se marrent et que les plus grands soient mal à l’aise. Mais à ma grande surprise, quelque soit l’âge, ils prennent ça bien. Du genre « Ok. T’es une femme à barbe ». Point. Ils n’ont pas d’apriori et ne posent pas des questions d’adulte vu que leur regard n’est pas encore perverti : ils sont incroyablement tolérants. Les tout petits de deux ans ont parfois peur mais ce n’est pas lié au genre : c’est normal, c’est différent. La perruque, la barbe, le maquillage etc… Ils essaient de comprendre pourquoi on fait. Quelque part, la drag est politique avec cette revendication de s’approprier les vêtements de la femme. En France, dans le rejet de la folle, il y a une forme de misogynie. Quand tu ne perçois pas cela, tu essaies simplement de comprendre.

Les enfants sont incroyablement tolérants

Et justement tu leur dis comment ?

A la question, « pourquoi t’es une femme à barbe ? » je réponds en leur disant que je suis un garçon, que j’ai une barbe, que j’aime être un garçon. Mais que j’aime aussi porter une robe. Les filles ne sont pas obligés de porter une robe. Tout est une question d’envie, de consentement. Le genre n’est plus quelque chose qui classifie les gens dans la société. Aujourd’hui, il devrait être appréhendé comme une notion de jeu. Je ne suis pas là pour détruire le genre mais plutôt dans une déconstruction pour s’amuser et jouer. Qu’il ne soit pas une oppression sociale.

intérieur queer monsieur simon

Quels contes vas-tu leur lire ?

Tu imagines bien qu’on ne va pas sélectionner des contes traditionnels. J’aime beaucoup La Pire des Princesses. C’est l’histoire d’une princesse enfermée dans son château gardé par un dragon. Evidemment, un preux chevalier débarque, la sauve puis lui dit « t’es gentille maintenant, tu vas rester à la maison, tu as des beaux habits, tu as besoin de rien d’autre ». La princesse de lui répondre « mais moi je veux partir à l’aventure alors va te faire foutre ». Et elle part donc à l’aventure… en compagnie du dragon (rires). Cette année, je vais leur lire deux histoires de Stéphanie Richard et Gwenaëlle Doumont « J’aime pas les super héros » et « J’aime pas les poupées ». Ainsi que d’autres qui parlent d’homosexualité et d’homoparentalité.

Fifi du Calvaire, merci. Full support à cette initiative géniale.

L’événement Facebook.

 

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