Qui dit vacances de Noël dit, pour les plus chanceux d’entre vous, montagne. Qui dit vacances à la montagne dit « tu savais que mettre les enfants sur des skis ça les fatigue plus vite qu’une partie de paint-ball ? ». Il faut bien les conseils d’une pro pour ne pas s’y prendre comme un manche.

Non contente d’être monitrice – et maman de deux petits montagnards -, Nolwenn Patrigeon est journaliste. Vous l’avez sûrement déjà lu dans M le magazine du Monde ou encore L’Express spécial hiver. Rencontre aux sommets avec celle que l’on surnomme La Pigiste venue du froid.

Monsieur Simon : En tant que monitrice (et maman), vous préconisez de mettre les mômes sur des skis à partir de quel âge ?

Nolwenn Patrigeon : Il n’y a pas d’âge précis pour débuter le ski. Certains enfants font leur premières expériences de glisse juste après avoir fait leurs premiers pas  (!) mais cela reste de simples glissades, pas vraiment du ski. Généralement l’enfant possède la force et le tonus musculaire suffisants pour l’apprentissage du ski autour de ses 3 ans. S’il est plutôt actif ou qu’il pratique déjà une petite activité sportive comme par exemple l’éveil gymnique ou la natation, il sera rapidement à même de produire l’effort demandé (qui est réel). Pour les premières fois, il ne faut pas hésiter à faire de toutes petites sessions d’une demi-heure par exemple, car l’enfant doit se concentrer intensément pour trouver les nouveaux repères, et il se fatigue très vite.

 

A chaque âge son apprentissage. A quel âge selon les sentez-vous les plus à l’aise ?

Autour de 3 ans, le mini-skieur progresse, apprend beaucoup de choses mais cela reste de l’initiation. A cet âge-là, il ne faut pas s’attendre à le voir dévaler les pistes au bout d’une semaine. Rien que le fait de trouver son équilibre avant/arrière demande souvent plusieurs jours (en cours particulier comme en cours collectif), puis la réalisation du fameux « chasse-neige » qui est la base car il sert à s’arrêter et à maîtriser sa vitesse prend généralement 3 à 5 jours. C’est un geste qui demande énormément de coordination. En revanche à partir de 5 ans, un enfant contrôle déjà beaucoup plus son corps et possède bien plus de force : il trouvera son équilibre souvent en quelques descentes, puis arrivera à gérer le chasse-neige en quelques leçons. Le petit-skieur sera souvent capable de réaliser ses premiers virages sur une pente douce au bout de 3 à 5 leçons.

Que faire si ce dernier a peur ? Crier ? Le forcer ? Laisser tomber ?

Bien entendu, il ne faut surtout pas forcer un enfant qui a peur ! Mais ce n’est pas une raison non plus pour abandonner. Je rappelle que, comme pour toutes les activités, l’apprentissage se passe souvent mieux avec un tiers qu’avec les parents. Souvent, ces derniers sont trop pressés que leurs enfants réussissent, ils s’énervent plus rapidement et l’expérience que l’on souhaitait magique peut vite dégénérer en grosse crise ! Les enfants ressentent également votre stress.

Les moniteurs connaissent les techniques pour que l’apprenti skieur se sente totalement rassuré. Le choix du terrain, les éléments de langages, les jeux qu’il mettra en place et les évolutions qu’il apportera avec lui sont parfaitement étudiés, et permettent à celui-ci de se sentir en pleine confiance. Ce qui est indispensable pour progresser. A ne surtout pas faire :  J’ai déjà vu des enfants « lâchés » en haut d’une pente par papa avec maman qui réceptionne en bas. C’est une expérience qui peut traumatiser votre enfant et lui donner tout sauf l’envie de faire du ski. Mettez-vous à sa place !

 

Que faire si ce dernier n’a absolument pas peur (et se la joue trompe-la-mort) ? Crier ? Courir ? Laisser tomber ?

Effectivement ce comportement peut vite provoquer des sueurs froides et mettre votre enfant et son entourage en danger. Si votre enfant va « à fond les ballons », c’est qu’il maîtrise déjà quelques éléments sinon il ne ferait pas cela volontairement.  A vous alors d’insister sur le côté sécurité et à ne pas le laisser accéder à des pistes plus raides. Il y a des règles primordiales de priorités, de maîtrises de la vitesses à expliquer correctement à l’apprenti skieur. Là encore, lorsque c’est une personne autre que ses parents, cela a plus d’impact.

Si ce comportement n’est pas volontaire, c’est que votre petit skieur n’est pas au bon endroit : la pente est trop raide pour lui, retournez directement sur un terrain plus plat. Personnellement mes deux garçons ont débuté le ski vers 3 ans, mais avec de toutes petites sessions au début pour se familiariser avec le matériel et l’univers, sans insister. Ensuite, même si je suis moi-même monitrice, je les ai confiés à des collègues en cours collectifs. Je les retrouve ensuite pour du « ski-balade » avec un plaisir partagé : ils sont si fiers de me montrer leurs progrès (et moi je suis trop fière d’eux évidemment !

Crédit photo : www.roughguides.com

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