Ils vous ont littéralement bassiné avec Les Lapins Crétins ce week-end ? Vous savez ? Ce programme court et hystérique, véritable enchevêtrement de scénettes bêtifiantes ? Un épisode, ça va. Mais, à la longue, ce sont les neurones familiaux qui finissent par griller. Spécialiste du cinéma d’animation, la réalisateur Jean-Charles Mbotti Malolo présente à nos jeunes lecteurs (et surtout leur parents au bord de la crise de nerf) une sélection de 5 films court (d’animation ou pas) pour les initier au beau. Une curation belle, hypnotique et stylée pour leurs petites mirettes.

Les cinq films que j’ai choisi de proposer correspondent à cinq moments particuliers de ma découverte du cinéma d’animation, et de mon implication dans cette discipline.

Father and Daughter de Michaël Dudock De Wit : « Je crois que c’est le premier film qui me vient en tête quand je pense aux mots « court-métrage ». Je l’ai vu juste avant d’entrer à l’école Emile Cohl, et j’étais passé complètement à côté. Peut être parce que tout était très nouveau de là où je me trouvais. Un graphisme qui sortait des conventions de ce qui m’avait été donné à voir, associé à une écriture cinématographique en rupture avec les rythmes effrénés habituels. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où je l’ai vu depuis. »

Father and Daughter from treip on Vimeo.

 

Rejected de Don Hertzfeldt : « J’ai énormément de respect pour cet auteur qui produit et réalise ses films. L’intelligence de l’économie de moyen poussée à l’extrême. Rejected est surement le premier fou rire que j’ai eu devant un court d’anime indépendant. Son audace m’impressionne, j’ai toujours son nom en tête quand je réfléchis à la direction artistique d’un nouveau projet. Il sait se concentrer sur l’essentiel, et ne pas se faire prendre au piège de l’esthétique à tout prix. »

Rejected from Brandy on Vimeo.

 

Pas de deux de Norman McLaren : « C’est ma première rencontre avec l’ONF (Office Nationale du film du Canada). Je préparais mon film de fin d’étude quand je l’ai vu pour la première fois. Ce film est devenu une des références qui me suivent depuis cette période. »

Pas de deux from National Film Board of Canada on Vimeo.

 

When The Day Breaks d’Amanda Forbis et Wendy Tilby : « Ce film nous montre que nous sommes tous connectés d’une manière ou d’une autre, avec tous les aspects que cela implique. Peu importe ce qu’il arrivera aujourd’hui, le soleil se lèvera demain. C’est un propos qui me touche particulièrement. L’élégance, la sensibilité et la pudeur avec lequel il est amené me fascinent. Il est peut être, de manière inconsciente, à l’origine de mon intérêt pour les énergies qui nous lient. »

When the Day Breaks, by Wendy Tilby and Amanda Forbis (Preview) from Acme Filmworks on Vimeo.

 

The Eagleman Stag de Mikey Please : « J’ai vraiment été impressionné de découvrir ce court-métrage avec un propos aussi complexe dans la catégorie « films de fin d’études » d’un festival. Je n’avais jamais vu un rendu graphique aussi efficace et esthétique à la fois. La mise en scène est très complexe, et la réalisation très bien menée de bout en bout. Ce n’était que quelques années après que je sois sorti de l’école, j’écrivais le scénario du « Sens du Toucher ». »

THE EAGLEMAN STAG from Mikey Please on Vimeo.

 

Quelques mots sur l’auteur : Illustrateur et réalisateur, il a notamment réalisé Le Sens du Toucher suivi de Waves pour le compte de la Grotte Chauvet (et Arte Creative). En parallèle, il travaille sur l’écriture de PPP avec le producteur, Amaury Ovise (Kazak Productions) et le scénariste Nicolas Pleskof. Projet dont le graphisme sera assuré par Simon Roussin. Il a également collaboré à l’animation d’un court qui s’appelle Le Jardin de Minuit, de Benoit Chieux. Il met en ce moment même un point final à un court-métrage expérimental réalisé en prises de vue.

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