Vous commencez un peu à connaître l’histoire : on n’aime pas trop Dodo l’enfant Do par chez nous. Trop couru d’avance. Trop téléphoné. L’enfant le sait, l’enfant le sent. Il l’a déjà entendu. Surprenez-le pour mieux le climatiser. Monsieur Simon est parti farfouiner dans sa discographie de grande personne pour en extraire cette grosse poignée de beaux morceaux… idéals pour le dodo.

Merci de ne pas bailler pendant l’écoute. Encore merci.

Aphex Twin – Avril 14th
Plutôt coutumier à faire hurler les machines, Richard D.James se tempère et signe une merveille atmosphérique qui n’est pas sans rappeler la maîtrise du compositeur français Erik Satie. Beau à pleurer, mais maintenant tu fais dodo.

Erik Satie – Gymnopédie No.1
Le compositeur maudit (influence majeure d’Aphex Twin – voir ci-dessus) est la preuve vivante qu’avec le feu sacré on peut pondre les plus belles mélodies de l’histoire. Avec un doigt. Sur un piano désaccordé.

Boards of Canada – The Color of the Fire
Extrait de l’album Music has the right to children sorti en 1998, les écossais de BOC signent la plus étrange des berceuses. Un peu à double tranchant : soit l’enfant est hypnotisé par cette voix féminine qui répète I love you, soit il est terrorisé.

Jean-Jacques Perrey and Luke Vibert – Frere Jacques
On ne va pas se mentir : ce remix de Frère Jacques est l’hymne de Monsieur Simon. Fruit de la collaboration entre Monsieur Perrey pionnier des musiques électroniques et Luke Vibert valeur sûre de la techno, le morceau ne fera pas dormir les enfants mais aura le mérite de les faire danser.

Moondog – Bird’s Lament

Les enfants auraient pu confondre Moondog jazzman céleste (de son vrai nom Louis Thomas Hardin) avec le Père Noël. Si et seulement si Santa avait été un clodo aveugle. N’empêche : Bird’s Lament est la plus belle berceuse jamais composée.

Radiohead – Pyramid Song
L’ami Thom Yorke se surpasse : verbe larmoyant, accord d’une extrême lenteur, longues plaintes. Du pain béni pour endormir les mômes… ou les faire pleurer à chaudes larmes. Évitez de lui raconter l’histoire de la Song : celle d’un homme qui plonge après l’inondation de sa ville.

Stereolab – Prisoner of Mars
Héros du post-rock et des musiques alternatives au début des années 90, le groupe franco-anglais signe ici une berceuse mixte incroyablement douce et bizarroïde. On adore.

Kanye West – My Only One
On pense ce que l’on veut du mari de Kim. Mais avec ce morceau à la fois solaire et crépusculaire, il arrive, avec une tendresse infinie, à rendre hommage à son défunte mère, à sa fille et à sa femme. Et puis c’est Paul McCartney qui joue les claviers. La grosse classe.

Susumu Yokota – Saku
Certainement le plus doué des musiciens électroniques venant du Pays du Soleil Levant, le regretté Susumu Yokota est décédé l’an dernier. Juste le temps de nous laisser cette berceuse ambient.

Drake – Doing It Wrong
Étiqueté parfois trop injustement « fragile rappeur préféré de ta petite soeur », Drake n’en reste pas moins un excellent parolier – capable de grandes choses, notamment cette balade sirupeuse à souhait.

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