Implacable est le constat : ni vous, ni personne n’empêchera vos enfants de devenir des adultes névrosés. Libre à vous, cependant, d’accélerer ou non le processus. Comment ? En évitant de faire sortir les phrases qui suivent de votre bouche.

« Parce que c’est comme ça »

A bout de force et d’arguments, vous lancez la plus creuse et ultime des sentences verbales. Rien de tel que de lancer bichon dans le flou pour lui faire comprendre quelque chose.

« Est-ce que tu as mal quelque part ? »

A ne surtout pas lancer au hasard car, oui, l’enfant aura nécessairement mal quelque part. Petit doigt, coude, talon, ongle… Et sautera ainsi sur une occasion de se plaindre, réclamer un dessin-animé, manger des chips, rater sa vie. La spirale.

« Finis ta compotée de poireaux. C’est bon pour ta santé. »

Même vous, vous n’êtes pas sûr(e) de ce que vous êtes en train de dire. Effectivement, les légumes verts sont bons pour la santé. Effectivement, ce n’est pas bon.

« T’as déjà des poignées d’amour ? Trop mignoooon ! »

Si vous dîtes ça à votre enfant qui a un peu d’enbompoint, vous gagnez haut-la-main l’award du parent indigne de l’année et de l’année à venir. L’humiliation par le physique, je ne vous félicite pas.

« Arrêter de couiner comme une gonzesse ! »

Pleurer c’est normal chez l’enfant, ça lui permet de décharger (parfois) son trop-plein d’énergie et d’émotion. Le dire de cette façon fait de vous un bon gros porc phallocrate.

« Moi, à ton âge, je… »

… trouvais un vaccin contre le cancer / déchargai des chariots dans des mines de charbon / n’avais que des bonnes notes. Ouais ouais, on la connaît ta vie. Evite de la comparer à celle de tes enfants, merci. Bonjour les complexes.

« Rhôôô, ça va lààà. Ça saigne à peine. »

Ne jamais minimiser la douleur d’un enfant. Quand bien même, il/elle se transforme en grandiloquente drama queen à la moindre éraflure sur le genou. Ça ne lui donnera pas l’impression que vous l’intéressez.

« Regarde comme [insérer prénom de l’enfant de pote] est sage. »

Peut-être oui. Mais votre gosse, aussi punk soit-il, sera tellement plus cool que ce marmot à moitié mort et creux.

« Tu es tellement intelligent/stupide. »

A trop le valoriser/dévaloriser, vous risquez d’en faire un connard. C’est dit.

« Prête un peu tes jouets ! Ne sois pas si égoïste ! »

C’est mal connaître les enfants de croire qu’ils peuvent être altruistes, attentifs aux besoins de l’autre. Le TPMG (pour « tout pour ma gueule ») aide l’enfant à se construire mentalement et à mieux connaître ses besoins.

« Tu veux mon doigt ? »

A sortir exclusivement quand l’enfant se cure le pif avec passion (et en public). S’il répond « oui », vous êtes bien embêté(e).

« Allez, dépêche-toi. Grouiiiille ! Maaaaagne-toaaaa ! »

C’est scientifiquement prouvé : plus le volume sonore de cette sentence augmente, plus la vitesse de l’enfant à faire des choses diminue.

« Tu n’as pas été adopté. On t’a acheté. »

Soit vous êtes sadique, soit vous avez un humour particulier, soit vous êtes un taré. Ou les trois. Consultez. De ma part. S’il vous plaît.

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